Je faisais des remplacements dans une maison de retraite de jour comme de nuit. Je fuyais la pression qui régnait chez ma mère. Mon contrat terminer ma mère m'inscrit d'office dans une école privée et régla la note avec mon argent que j'avais gagné. Je désirais travailler et partir de cette maison. J'étais déterminée à ne pas étudier. C'était une école mixte. Je pensais souvent à mon avenir et je me disais que si elle ne m'avait pas empêché de travailler j'aurai eu une vie différente. Je n'aurai jamais rencontré cette fille qui a bouleversé ma vie et me la détruite durant une année. Mais grâce à cette personne, je suis devenue encore plus forte et j'ai pu me servir d'un nouveau don. Nous étions une vingtaine et des clans se formèrent, il y avait le groupe des bourgeoises, groupe des fils à papa et au fond de la classe le coin des perturbateurs dont je faisait partie. Dans le groupe des agitateurs il y avait Monique. Elle était brune et avait les cheveux coupés très court. Le teint hâlé et elle ne se maquillait jamais. Elle se battait et crachait comme un garçon. Cette fille était fascinée par mon caractère, ma personnalité, mon physique, ma gaieté et mes délires. J'étais toujours en compagnie des deuxièmes années. Ils venaient me chercher pour que je les fasse rire. Parfois je montais sur le bureau du professeur, je mettais la perruque de ma mère et j'imitais les enseignants. Monique voulait faire partie du clan et prendre ma place. Toutes les filles de la classe avaient peur d'elle. Monique essayait d'acheter mon amitié pour se rapprocher de moi. Les mois passèrent et elle avait gagné ma confiance. Monique devenait de plus en plus violente avec certaines filles et cela me dérangeait personnellement. Ayant pris de l'assurance, elle commença à me raccompagner chez ma mère après les cours. Elle commençait à changer d'apparence, elle fit la même coupe que moi, utilisait les mêmes tons de maquillage, s'habillait et imitait mes gestes et expressions, elle essayait de s'identifier à mon personnage et finissait par me ressembler. J'avais l'impression d'avoir mon sosie en face de moi. Elle n'avait aucune personnalité et cela m'agaçais qu'elle ne puisse pas trouver son propre style. J'étais devenue sa rivale et elle me jalousait de jour en jour. Elle fini même par m'emprunter un pull et une photo malgré ma réticence. D'ailleurs tous les jours elle me trouvait une excuse, pour ne pas me rendre mes affaires. Elle devenait possessive avec moi et refusait que je fréquente d'autres personnes. Elle trouva le moyen de me séparer de ma meilleure amie. J'entamais ma dernière année d'école et beaucoup d'évènement négatifs et révélateurs se produisirent en sa présence. Mon copain m'avait trahie, mon cyclomoteur que je m'étais payé avait été volé dans l'établissement. Je m'étais bagarrée à cause d'elle, j'avais raté deux fois mon code de la route. Tous ce que j'entreprenais échouait. J'en avais marre de la poisse et je voulais m'en sortir. L'occasion se présenta, j'avais trouvé un emploi dans un hôpital pour une durée de trois mois. Mon but était d'épargner pour repasser mon permis de conduire. L'après-midi j'allais en cour et j'étais épuisée. Je décidais de passer l'examen en candidat libre. J'avais un mauvais présage, alors je demandais à Monique de me rendre mes effets personnels. Elle me reprochait mes absences et ma fuite. Je ressentais que sa haine l'envahissait et qu'elle m'en voulait. J'eus une conversation avec elle assez franche et cela elle ne l'accepta pas. Elle m'injuria me traitant de tous les noms, je gardais mon sang-froid. Elle refusait que je l'abandonne, puis elle resta dans le silence, mais ruminait intérieurement. Elle se retenait pour ne pas se battre avec moi. Le lendemain, tous les élèves passèrent l'examen et elle fut la seule à l'avoir échoué. Le lendemain, je passai mon permis et le réussi et pu m'offrir ma première voiture. J'avais l'impression que la chance était de retour. […] Pendant un mois je n'eus pas de nouvelles de Monique, je croyais qu'elle m'avait oubliée. J'étais épuisée de ma journée, il me tardait de me coucher tôt, je devais me lever à 4h du matin pour aller travailler. Ce soir là, j'étais très agitée et j'avais du mal à m'endormir, des bouffées de chaleur m'envahissaient et je transpirais énormément. Je me levai sans cesse pour aller boire, j'avais la gorge sèche. Je devinais que j'allais avoir une nuit perturbée. Parfois, je sentais des picotements sur mon corps, je me tournais dans tous les sens, puis face au mur en espérant somnoler. 2h du mat, cela faisais 6h que je virais dans mon lit. J'entendis un homme qui m'appela, mais je n'y prêtai pas d'attention et je m'endormis. A 3h du matin, je me réveillai en sursaut. Je me souviendrais toujours de cet horaire, il est gravé dans ma mémoire, la plupart de mes attaques nocturnes se manifestaient à cette heure. Une douleur insupportable survint brusquement au coeur, j'eus la sensation qu'une personne me poignardait à plusieurs reprises avec un couteau.Je retenais mon souffle à chaque coup et je comprimais ma poitrine avec ma main. J'entendais ricaner tout près de moi, je tournai la tête en direction du bruit et là, j'étais effarée le cauchemar recommençait. Il y avait un marabout qui était assis sur le carrelage et à côté de moi. Il était vêtu d'une gandoura blanche et je pouvais apercevoir le moindre détails de ce personnage. Le blanc de ses yeux était rouges avec des vaisseaux éclatés, ses dents étaient tellement blanches qu'elles faisaient ressortir la couleur de sa peau. Il était assis avec les jambes croisés comme un fakir et tenait à la main un photo et de l'autre une longe aiguille. Je réalisai, qu'il était là pour me faire du mal. Il me fixa avec insistance, son regard était froid, dur et satanique, c'était le diable en personne. Il prononça des incantations à hautes voix dans une langue étrangère en ricanant en même temps. Le doute s'empara encore de moi, ne croyant toujours pas, ce que je voyais. Je le rejetai encore. J'espérai faire un horrible cauchemar, j'avais peur de la réalité. Tout à coup son corps se suréleva et ne toucha plus le sol. Il se rapprocha de moi et j'étais terrifiée.
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